Les films-culte
Jeune et inaltérable après trente ans de carrière, Isabelle Adjani attend toujours avec l’instinct et le désir qui la caractérise des sujets et des metteurs en scène qui ont su tirer le meilleur d’elle-même, et créer à ses côtés ce que nous appelons aujourd’hui – grâce à notre recul et à l’épreuve du temps – des « films-culte ».
Le plus déterminant aura été « l’histoire d’Adèle H. » de François Truffaut (1975), un film qui l’oblige à refuser le contrat de vingt ans que lui propose à cette époque la Comédie Françoise.
Ce virage qu’elle prend sons l’idée d’un retour lui porte bonheur, à en juger par les films qui ont suivi, à savoir « Barocco » (1976) qui est aussi le chef-d’œuvre d’André Téchiné, « le Locataire» de Roman Polanski (1976) ou encore « Violette et François» de Jacques Rouffio.
C’est à ce moment qu’elle s’oriente vers des rôles qui lui offrent la possibilité de jouer sur un registre de plus en plus dramatique où parfois elle surprend : ce sera encore avec André Téchiné dons « Les sœurs Brontë» en 1979, mois le paroxysme est atteint avec « Possession» de Andrzej Zulawski en 1981 (pour lequel elle obtient son premier César de meilleure interprète féminine), où l’on parle d’hystérie alors qu’il est simplement question d’une interprétation hors pair de l’actrice, poussée à outrance.
Films-culte encore ceux qu’elle a tournés dons les années 80 à savoir « Mortelle Randonnée» de Claude Miller (83) suivi de « l’Été meurtrier» de Jean Becker, et l’étonnant « Subway »de Luc Besson. Actrice principale et productrice, Isabelle triomphe dons « Camille Claudel» (88); elle est récompensée par un César pour ce film. Même récompense pour « La Reine Margot» en 1995.
Et n’oublions surtout pas ses films récents « Adolphe » de Benoît Jacquot, et « Bon voyage » de Jean-Paul Rappeneau (20021 qui représentera cette année la Fronce aux Oscars.
Reste l’avenir d’Isabelle Adjani plus prometteur et plus ouvert que jamais à l’époque où le public se révèle à nouveau friand de films à contenu, et de ces personnages féminins hors normes qui ont permis ou cinéma d’être par notre imaginaire l’équivalent d’un saut dons l’espace.