Une éthique sans faille
Cette éthique commande à la fois son comportement privé, et professionnel. L’année de sa présidence du jury international du 50eme Festival de Cannes, en 1997, Isabelle Adjani toute ému qu’elle était par le beau film de Youssef Chahine s’est garée de toute pression amicale sur ses collègues pour l’obtention e la Palme d’Or. Lors du vote, l’impartialité l’a emporté sur les sentiments pour la simple raison que le fait de présider un jury implique des devoirs …
Récemment, lors de la polémique autour du Festival de Paris longtemps soutenu par la Ville de Paris sous les mandatures de la droite, mais contesté par l’équipe municipale de gauche qui en 2003 vient de lancer sa propre manifestation, Isabelle Adjani s’est prononcée en faveur des films et des cinéastes au-dessus de tous les clivages politiques.
Cet épisode est révélateur de l’importance qu’elle accorde au cinéma et au contenu des films dans notre vie: il est évident que cela concerne les œuvres d’auteur, et non les produits de divertissement. Mais si elle continue d’encourager les jeunes qu’elle inspire et les réalisatrices prometteuses, Isabelle Adjani ne refuse pas les grandes productions si le sujet lui paraît porteur, et s’il y a un climat de complicité et d’enthousiasme partagé avec l’équipe du metteur en scène.
L’une des situations qu’elle souhaite vivre de façon non conflictuelle concerne son rapport avec les photographes, et sa hantise d’être poursuivie par lés « paparazzi ».
Son désir de vivre librement au quotidien l’oblige le plus souvent à se cacher derrière de grosses lunettes ou des chapeaux, la seule manière de ne pas être reconnue et pourchassée par le téléobjectif. Cette volonté de préserver sa vie privée et la liberté de vivre, comme nous tous, tournent parfois à l’angoisse et à l’obsession. En conséquence, Isabelle Adjani a depuis quelques années conclues un pacte de non-agression mutuelle avec les médias: interviews âprement négociées avec reportage photographique, et service promotionnel minimum vis-à-vis des compagnies de production et de distribution.
Sur ce point, on verra rarement Isabelle Adjani courir d’un plateau de télévision à l’outre: l’exposition à outrance sur le petit écran n’est-elle pas antinomique du mystère qui nourrit la légende d’une ;; star» ?